A propos

Après quelques années d’expression figurative, Denis Zammit s’est tourné vers une approche plus abstraite de ses sujets. Ses thèmes, en écho avec la nature, sont déclinés dans diverses séries traitant du paysage, sa minéralité, le reflet et les mouvements de l’eau, ou encore le corps dans sa verticalité et son mystère. Il tente par cette exploration, de trouver un passage qui relie le monde extérieur, celui qui l’inspire, au monde intérieur celui qui l’anime et qui l’émeut. Comme une traversée. C’est le chemin entre ces deux espaces, si une frontière ou une rupture les séparent réellement, qu’il essaie de tracer et d’emprunter de toiles en toiles. Chacune d’elles venant ouvrir un regard tout à la fois particulier, mais également en lien avec une vision plus globale de la série créée. Face à la pluralité des diverses vies respectives que nous habitons, cette expérience se veut intime et de partage tout à la fois.

Techniquement, les pigments naturels, l’encre, la cendre, le brou de noix, la cire, le papier marouflé, l’acrylique sont les médiums qu’il utilise. Travaillés sur papier, sur toile ou sur bois pour les volumes. Il affectionne leur capacité à générer un dialogue entre geste contrôlé, intention et retour aléatoire. Ils cristallisent la continuité de son approche picturale, tournée vers le questionnement et l’émerveillement, de ce qui nous entoure et qui nous constitue.

« Dans un monde où les images sont consommées toujours plus et plus vite, la rencontre avec l’œuvre, ne peut avoir lieu que dans un retour au temps long. En se laissant imprégner par ce que l’on regarde. Dans une interaction sensitive avec les tableaux ou les sculptures qui s’offrent au regardeur. Une perception propre à chacune et à chacun, pour peut-être pénétrer et se découvrir dans l’un de ces paysages intérieurs. Miroirs de la nature, ils nous parlent de l’impermanence de ce qui est, de ce que l’on regarde, de ce que l’on vit. Une transformation perpétuelle et universelle. Apparaître, prendre corps, matière, texture et disparaître. Pour devenir autre. » Denis Zammit

Chapelle Sainte Thècle - Séguret 84 - 2024

Retrouver et dérouler le fil qui nous lie à la nature et la place intime que nous y occupons, voilà ce qui anime mes créations. Le fil ténu où cette poésie de la nature, de notre environnement nous ramène à l’être, à une discussion entre extérieur et intérieur. C’est par la contemplation que mes peintures trouvent leur essence pour ensuite être réalisées au sein de l’atelier. Je reviens alors à la sensation du regard posé et me mets à l’écoute d’une sorte d’harmonie entre ce que je pose sur la toile ou le volume et ce que cela engendre comme réponse.

Inspirés par les éléments terre, air et eau, mes peintures et mes sculptures sont des paysages mentaux qui prennent forme couche après couche et viennent ouvrir de nouveaux espaces plus abstraits. Ils sont les reflets d’un temps suspendu et parlent de la nature et des visions infinies que l’ont peut lui porter. Ils sont aussi la trace, la mémoire d’une discussion entamée avec les matériaux et supports choisis et qui se poursuit de tableau en tableau ou de volume en volume. Le brou de noix, l’encre, la cire, les pigments liant acrylique, la cendre et le papier permettent un jeu entre geste contrôlé et apparitions aléatoires. Leur intérêt réside dans leur capacité d’interaction, de mélange, de dispersion et d’effacement.

Entre l’intime et l’universel essayer de trouver une voie qui s’ouvre pour que chacun d’entre nous puisse emprunter et créer son propre chemin de peinture.

 

Entre terre et ciel: Un ressenti de la matière      

La force du minéral est omniprésente dans les œuvres de Denis Zammit. Tout imprégné de son lieu de vie, habité par les forces telluriques de la montagne toute proche, avec ses strates, ses méandres, ses formes douces et puissantes, son auréole de blancheur, Denis retranscrit dans la ferveur et la passion ses sensations et ses émotions. Ses toiles parlent de la terre et du ciel, de la roche qui s’interpose, parfois qui s’impose, blanche, grise ou ocre, tapissée de cendre ou de cire, suivant l’inspiration du peintre. La magie opère… le regard plonge dans l’infinitude, a de la peine à s’en détacher… un espace de calme et de sérénité se dégage du tableau, donnant libre cours à la rêverie, à la méditation… Une invitation à partager le jardin intime de Denis Zammit. Daisy Froger-Droz
Un peu comme ces « pierres de rêve » de Chine ou du Japon, les peintures de Denis Zammit nous introduisent en des espaces mimétiquement apparentés à des « paysages», réflecteurs d’une intériorité où se concrétionnent des plages colorées poussées vers la plus grande abstraction par un usage de couleurs estompées, étagées en suites de zonages horizontaux. Les matières colorées intègrent tout uniment densité, dégradation, érosion, dilution, collusion, dispersion, avec des transparences que contrarient parfois de subtiles plages d’opacité. Celles-ci se stratifient toujours en plans horizontaux comme sont les sédimentations terrestres. Et en même temps que le regard se laisse entraîner dans la rêverie des lointains, par une inversion de la perception, on peut plonger tout aussi bien dans d’autres rêveries où la force des détails entraîne à des profondeurs insondables. Il y a là le jeu suscitant l’efflorescence de mondes inépuisables, en suspens et en recréation. Joël-Claude Meffre