Denis ZAMMIT

A propos

L’expérience du vivant passe par la matière et sa transformation. Matière réelle, observée ou bien celle recréée entre conscient et inconscient. C’est dans cet espace particulier que je tente de retrouver cette expérience. Ici même où, dès l’enfance, les premières graines de l’observation et de l’émerveillement ont germées. C’est là, dans cet espace intime que se trouve le terreau de mes créations. Dans l’émerveillement de la nature et de sa création. Ce rapport à la Terre, cette planète qui nous porte à plus de cent mille kilomètres heure autour du soleil. Cette Terre faite de poussières d’étoiles qui se sont agglomérées durant des millions d’années, et dont nous sommes aussi issus. Le temps d’un regard, y entrevoir des parcelles de ce monde, fragmentation du temps et de l’espace, comme un arrêt sur image. Le langage y est lignes, formes et couleurs. Quelques éléments par lesquels il serait peut-être possible de se rapprocher de cette matrice, entre chaos et équilibre, infiniment grand et infiniment petit. Ce fil ténu où la poésie de la nature, de notre environnement nous ramène à l’être. Cet état ni statique, ni immuable où la transformation est loi universelle. L’extérieur et l’intérieur se rejoignent le temps d’une discussion intime qui n’appartient qu’à celui ou celle qui s’y engage. Dans toutes mes peintures les médiums utilisés sont le brou de noix, l’encre, la cire, les pigments liant acrylique et liant huile, la cendre et le papier. L’intérêt de ces médiums réside dans leur capacité d’interaction, de mélange, de dispersion et d’effacement.

The experience of the living passes through matter and its transformation. Real matter, observed or that recreated between conscious and unconscious. It is in this particular space that I try to find this experience. Here, from childhood, the first seeds of observation and wonder have germinated. It is here, in this intimate space, that is the breeding ground for my creations. The wonder of nature and its creation. This relationship with the Earth, this planet that brings us to more than one hundred thousand kilometers per hour around the sun. This Earth made of stardust that has agglomerated over millions of years, and from which we also come from. The time of a glance, glimpse pieces of this world, fragmentation of time and space, like a freeze frame. The language is lines, shapes and colors. Some elements by which it would be possible to get closer to this matrix, between chaos and balance, infinitely large and infinitely small. This tenuous thread where the poetry of nature, of our environment brings us back to being. This state, neither static nor immutable, where transformation is a universal law. Outside and inside meeting for the time of an intimate discussion that belongs only to the one who engages in it. Walnut stain, ink, wax, acrylic and oil binding pigments, ash and paper are the mediums used in all my paintings. The interest of these mediums lies in their ability to interact, mix, disperse and erase.   
                                                             

Entre terre et ciel: Un resenti de la matière      


Daisy Froger-Droz
La force du minéral est omniprésente dans les œuvres de Denis Zammit. Tout imprégné de son lieu de vie, habité par les forces telluriques de la montagne toute proche, avec ses strates, ses méandres, ses formes douces et puissantes, son auréole de blancheur, Denis retranscrit dans la ferveur et la passion ses sensations et ses émotions. Ses toiles parlent de la terre et du ciel, de la roche qui s’interpose, parfois qui s’impose, blanche, grise ou ocre, tapissée de cendre ou de cire, suivant l’inspiration du peintre. La magie opère… le regard plonge dans l’infinitude, a de la peine à s’en détacher… un espace de calme et de sérénité se dégage du tableau, donnant libre cours à la rêverie, à la méditation… Une invitation à partager le jardin intime de Denis Zammit.

The power of the mineral is omnipresent in Denis Zammit's works. All immersed in his place of life, inhabited by the telluric forces of the nearby mountain, with its strata, its meanders, its soft and powerful forms, its halo of whiteness, Denis transcribes in fervour and passion his sensations and emotions. His paintings speak of the earth and the sky, of the rock that stands in between, sometimes imposing itself, white, grey or ochre, lined with ash or wax, following the painter's inspiration. Magic works... the gaze plunges into infinity, has difficulty detaching itself from it... a space of calm and serenity emerges from the painting, giving free rein to reverie, to meditation... An invitation to share Denis Zammit's intimate garden.

Joël-Claude Meffre
Un peu comme ces « pierres de rêve » de Chine ou du Japon, les peintures de Denis Zammit nous introduisent en des espaces mimétiquement apparentés à des « paysages», réflecteurs d’une intériorité où se concrétionnent des plages colorées poussées vers la plus grande abstraction par un usage de couleurs estompées, étagées en suites de zonages horizontaux. Les matières colorées intègrent tout uniment densité, dégradation, érosion, dilution, collusion, dispersion, avec des transparences que contrarient parfois de subtiles plages d’opacité. Celles-ci se stratifient toujours en plans horizontaux comme sont les sédimentations terrestres. Et en même temps que le regard se laisse entraîner dans la rêverie des lointains, par une inversion de la perception, on peut plonger tout aussi bien dans d’autres rêveries où la force des détails entraîne à des profondeurs insondables. Il y a là le jeu suscitant l’efflorescence de mondes inépuisables, en suspens et en recréation.

In the way of these "dream stones" from China or Japan, Denis Zammit's paintings introduce us into spaces mimetically related to "landscapes", mirors of an interiority where coloured areas are concretized, pushed towards the greatest abstraction by the use of blurred colours, layered in suites of horizontal zonings. The coloured materials integrate all density, degradation, erosion, dilution, collusion, dispersion, with transparencies that sometimes thwart subtle ranges of opacity. These are always stratified in horizontal planes such as terrestrial sediments. And at the same time as the gaze lets itself be drawn into the reverie of the distant, by an inversion of perception, one can plunge into other reveries just as well where the force of details leads to unfathomable depths. There is the game that creates the efflorescence of inexhaustible, suspended and recreated worlds.